Artist.......: Slow Joe & The Ginger Accident
Album........: Live α La Bellevilloise
Label........: Tot ou Tard
Genre........: Rock
Catnr........: n/a
Source.......: DVBS
Rip.date.....: 2014-11-29
Str.date.....: 2014-10-00
Quality......: 237kbps/48.0kHz/Joint Stereo
Url..........: http://www.slow-joe.com/
track title time
1. Live α La Bellevilloise 15:31
* You Don't Have To Tell Me
* No Caramel Custards
* The Mulberry Bush
* Too Old To Be Loved
Runtime 15:31
Size 26.31
Release Notes:
SUPPORT LATEST LAME !
En Inde, on prΩte α Krishnamurti cet immΘmorial adage positiviste : ½ si tu
Θchappes au fossΘ que tu as creusΘ pour ton malheur et que tu entres dans le
fleuve de la vie, alors la vie saura prendre soin de toi╗. On peut considΘrer
que Joseph Manuel Da Rocha, dit Slow Joe, nΘ en mars 1943 α Bombay, a longtemps
creusΘ son fossΘ, et mΩme scrupuleusement. En 2007, lorsque CΘdric de la
Chapelle fait sa connaissance sur la c⌠te mythique de Goa o∙ il fait le guide
touristique pour quelques roupies, Joe a 64 ans et un lourd passΘ de toxicomane
et dÆalcoolique qui lÆa promu au rang peu glorieux dÆenfant terrible de la
famille. Mais il a aussi un talent musical innΘ, une voix de crooner cabossΘ et
surtout une jeunesse dÆesprit restΘe intacte. PΘnΘtrant enfin dans ½ le fleuve
de la vie ╗, celle-ci se met effectivement α prendre soin de lui. SΘduit par le
personnage, CΘdric de la Chapelle, guitariste intrΘpide de la scΦne lyonnaise
devenu par le plus grand des hasards lÆange gardien de ce perdant magnifique,
lÆaide α se constituer un rΘpertoire de chansons inΘdites, sÆemploie α lui
former un groupe sur mesure -The Ginger Accident-, le met en orbite scΘnique
avec un concert restΘ dans toutes les mΘmoires aux Transmusicales de Rennes en
2009. Et pour finir, rΘalise son premier album, Sunny Side Up, dont lÆaccueil
est unanimement Θlogieux. ½ Un Elvis qui aurait bien vieilli ╗ proclame les
Inrockuptibles. ½ Boudu sauvΘ du Gange ! ╗ titre VSD. Se faisant, le quasi
clochard de Goa devient la curiositΘ du moment et enchaεne les tournΘes. Pas
moins de 150 concerts, essentiellement en France et dans les pays limitrophes.
La rΘdemption est miraculeuse. Reste α savoir si elle peut sÆinscrire dans la
durΘe...
╔videmment on sÆexpose α lÆironie facile en prΘtendant quÆavec Lost For Love,
Slow Joe signe son disque de la maturitΘ... α 71 ans. Pourtant, loin de proposer
une copie carbone de Sunny Side Up, ce second opus rend compte dÆune Θclatante
Θvolution. Plus riche musicalement avec un usage Θtendu de sonoritΘs millΘsimΘes
hΘritΘes de la grande tradition rock-twanginÆ guitar, orgue Farfisa...- il se
distingue encore par des arrangements affichant une ambition sonore α la hausse
dont profitent les confessions α c£ur ouvert, les coups de blues, les flashbacks
autobiographiques ou encore les Θclaircies intΘrieures du pΦre Joe. Il y a
lÆemphase maεtrisΘe de You DonÆt Have To Tell Me o∙ sur le lit dÆun torrent
orchestral α la The Last Shadow Puppets, le vieux rebelle rΘsume une posture
quÆil sÆest ΘvertuΘ α maintenir sa vie durant : ½ faut pas venir me dire ce que
jÆai α faire ! ╗. Il y a le slow anthologique de Cover Me Over, une reprise du
prΘcΘdent album embellie par la voix hyper sensuelle de Yael Naim pour un
irrΘsistible duo. Il y a le dantesque The Eye of Death o∙ aussi burinΘ par les
excΦs quÆun William Burroughs tardif, Joe soutient le regard de la mort avec le
cran dÆune tΩte br√lΘe et la sΘrΘnitΘ dÆun sage. Il y a le bariolage
bollywoodien de Hum Diya, le tatouage mΘtaphysique de Gimme No Direction -son
Like A Rolling Stone α lui-, les sombres ruminations de Waters of Loneliness o∙
il se dit ½ fils des tΘnΦbres ╗. Et aussi les savoureuses remontΘes dÆune
enfance α la Mowgli de The Mulberry Bush. Et toujours cette distance amusΘe avec
la vie qui ne tƽ offre pas de crΦme caramel ╗ (No Caramel Custards). SÆil
fallait encore se convaincre des capacitΘs de survie de cet homme, lÆΘcoute de
Too Old To Be Loved nous en livre lÆune des clefs. Entre tristesse et
autodΘrision, Slow Joe ne triche jamais, embrasse son art avec la reconnaissance
de celui α qui le Saint-Esprit a fait un cadeau et sÆapplique α vivre chaque
minute avec lÆintensitΘ dÆun rescapΘ. Quand le romancier et critique Nick Toshes
affirmait dans sa prΘface des HΘros oubliΘs du rockÆnÆroll que pour lui le rock
Θtait mort en Juillet 1954, et que depuis globalement le truc nÆavait fait que
sombrer dans le politiquement correct pour accompagner la lugubre descente vers
la sΘnilitΘ de gΘnΘrations gavΘes de publicitΘs et de malbouffe, il ignorait
lÆexistence de Slow Joe. Il ignorait cet immaculΘ septuagΘnaire aux trΘmolos
adolescents. Il ignorait quÆau bord du gouffre, un lointain visiteur au profil
dÆascΦte, au parcours de damnΘ, allait ressusciter ce grand art et prouver au
monde quÆun vagabond pouvait devenir une star.