Title 9volt Trippin'
Artist Ambitronix
Genre Jazz
Date 2006-06-10
Songs 10
Size 71 MB
Quality 194kbps avg / CD
01 Pori 5:17
02 Troyes 4:33
03 Cithea 4:50
04 Strasbourg 6:36
05 Nantes 3:08
06 Glazart 5:26
07 Agen 5:12
08 Bergen 3:59
09 Oloron 3:35
10 Caen 6:06
> 48:42
Benoit Delbecq - keys and samples, sampler, bass station, piano
Steve Argⁿelles - drums, electronics .
Un mot, pour commencer, sur le titre de cette collection dÆenregistrements
: ½ 9volt TrippinÆ ╗ pourrait suggΘrer quÆon voyage α peu de frais,
succession dÆendroits figurant la tournΘe low cost, duo modeste roulant α
lÆΘlectricitΘ basse tension... ou, α lÆinverse, quÆon sÆest bricolΘ une
solution miracle pour sÆenvoyer en lÆair trΦs fort avec les moyens du bord.
La modestie des moyens affichΘe est Θvidemment une affirmation
programmatique. ╟Æen serait fini dÆune exhibition de virtuositΘ musicale û
et mΩme dÆune mise en avant de lÆindividualitΘ.
On ne saurait pas trop, dΘjα, qui joue quoi, ni qui sample qui. Et mΩme,
dÆune certaine faτon, on ne serait jamais certain quÆon joue vraiment,
c'est-α-dire si ce quÆon entend sur le moment est jouΘ, Θmis directement
par un instrument, ou re-jouΘ, c'est-α-dire remis en jeu dans un autre
contexte, grΓce aux moyens modeste de ces appareils quÆon branche justement
α si basse tension...
Et ½ jouer ╗, au sens large, τa deviendrait lÆensemble de ces bricolages,
sans hiΘrarchie, qui adviennent en direct et dÆune certaine faτon, sans
doute jamais la mΩme...
A la fin de ½ CithΘa ╗, on entend comme un murmure approbateur monter du
public... mais nÆest-ce pas un sample ? Est-ce une rΘaction α la musique
que je viens dÆentendre, ou un ΘlΘment sonore destinΘ α clore musicalement
ce qui prΘcΦde ? La rΘalitΘ est donc devenue une sorte de rΘservoir sonore
dont les extraits sont destinΘs α venir, parfois, sÆinterpoler dans un
environnement musical.
Et lα commence le trip, dans cette incertitude. On est perdu dans la
question des genres, savoir si cÆest du jazz, sensation dub imparrable due
α lÆusage de lÆΘcho, compΘtition drumÆnÆbass en direct, chapelets de notes
de piano en cellules contemporaines... quoi dÆautre encore ?
Si on est perdu, τa veut bien dire quÆon est ailleurs, quÆon sÆest dΘplacΘ.
Et les morceaux, dans leur dΘveloppement, invitent trΦs clairement α ce jeu
de dΘpaysement, de voyage par perte de la boussole, mettant en place tout
un systΦme de chausse-trappe, faux dΘparts, cellules affirmΘes puis
disparues, comme gommΘes, sous-entendues peut-Ωtre, puis faisant retour...
LÆauditeur se prend au jeu et cherche son chemin dans la forΩt des
signes... il est saisi dÆidΘes fugaces qui sÆΘpanouissent avant de se
dissiper pour laisser la place α dÆautres... lÆidΘe par exemple que cette
cellule musicale, lα, qui passe en boucle... Monk, par exemple, aurait pu
la jouer telle quelle en direct... ce qui implique que ThΘlonious se
prenait peut-Ωtre lui-mΩme, par moment, pour une machine, un piano
mΘcanique, et que cÆΘtait de cette machine alΘatoire, son invention
vΘritable, quÆil jouait...
Tout τa nous Θloigne du sujet ?
Quel sujet ? WeÆre 9volt TrippinÆ, man ! (Vincent Poymiro)