Artist.......: French Cowboy
Album........: Baby Face Nelson Was A French Cowboy
Label........: n/a
Genre........: Rock
Catnr........: n/a
source.......: CDDA
rip.date.....: Dec-13-2007
str.date.....: 000-00-0000
quality......: VBR/44.1Hz/Joint-Stereo
Url..........: n/a
track title time
01. stranger 02:47
02. shake 03:34
03. happy as can be 04:36
04. the letter u 03:16
05. la ballade de baby face nelson 05:01
06. leather boots 05:09
07. second skin 05:05
08. supermarket 02:29
09. dis-moi 03:36
10. share 04:37
11. changes 03:17
12. puke 03:21
13. dream - hymne a la baise 10:28
Runtime 57:16 min
Size 71,3 MB
Release Notes:
The Little Rabbits ont quittΘ la France il y a bien
longtemps pour se rΘfugier dans les bras de Jim
Waters. Ils reviennent aujourdÆhui dΘguisΘs en
cowboys franτais. La greffe est ambitieuse, mais
elle prend.
LassΘs de faire les lapins roses pour un public
fidΦle mais tΘnu, les Nantais ont traversΘ
lÆAtlantique en 1996 pour aller α la rencontre des
gars de Calexico, chez eux, α Tucson, Arizona. Et
le soleil a tapΘ fort sur le crΓne dΘgarni du lapin
en chef, Federico Pellegrini, puisque voilα dΘjα
deux disques quÆil nous propose une relecture trΦs
personnelle de la musique de western. AprΦs Bang !,
lÆessai plantΘ sous le dΘguisement de Dillinger
Girl And Baby Face Nelson en compagnie de la
dΘlicieuse Helena Noguerra, le chauve aux grandes
oreilles des lapins bretons transforme avec ce
disque pour lequel il a reserrΘ la sΘlection, ne
gardant que les cadres, soit les vieux potes Gaδtan
Chataigner (basse), StΘphane Louvain (guitare) et
Eric Pipeteau (batterie). Le rΘsultat est Baby Face
Nelson Was A French Cowboy, un hymne au folk-rock
aride et mΘlodieux du dΘsert arizonien. Mais pas
seulement.
Une fois de plus chapeautΘs par leur mentor Jim
Waters (il faut un bar α son nom α Tucson,
impΘrativement), les Θmigrants volontaires
dΘlivrent 13 titres secs comme des triques,
dΘcharnΘs et douloureux. LÆhumour facile est
dΘfinitivement enterrΘ au pied dÆun cactus (on en
garde juste une louche pour le concept du disque),
place ici α la noirceur des films de Sergio Leone
frottΘe α lÆunivers de David Lynch. DΦs ôStrangerö,
cette cavalcade fatiguΘe, ces chanteurs cuits, on
sent le soleil br√ler les cordes des guitares. Les
amplis, eux, ont rΘsistΘ α ces tempΘratures
inhumaines, comme en atteste ôShakeö, appuyΘe par
sa guitare massive en embuscade, et sa basse Θnorme
qui Θcrase tout sur son passage. CÆest dÆailleurs α
partir de ce moment que lÆon comprend que
Pellegrini et consorts sont partis pour mieux
affirmer leurs origines.
Et de fait, bien plus que Calexico (qui sont
davantage des amis que des rΘfΘrences), cÆest The
Married Monk que nous rappelle French Cowboy, et
pas seulement α cause dÆune ressemblance troublante
entre la voix traεnante et nasillarde de Pellegrini
et celle plus perverse de Christian Quermalet. Les
atomes crochus sont plut⌠t α chercher du c⌠tΘ dÆune
curiositΘ insatiable sur tout ce qui peut apporter
du caractΦre α une chanson, pour lÆ⌠ter assez
rapidement de telle maniΦre α ce que seule
lÆempreinte de lÆinfluence reste. Ce disque semble
viser α tendre un pont α sens unique entre Tucson
et Nantes, le panneau de sens interdit plantΘ
plut⌠t de ce c⌠tΘ-ci de lÆAtlantique.
La preuve avec ôHappy As Can Beö et ses ch£urs
introductifs qui rappellent bien plus Depeche Mode
que Roy Orbison, Θtrange croisement au demeurant,
mais non dΘnuΘ dÆintΘrΩt. Plus loin, on peut saisir
lÆinfluence de la coldwave la plus saignante sur
ôSupermarketö qui donne plus envie de faire ses
courses par Internet que dÆaller se frotter α ses
voisins dans les rayons frais de lÆhypermarchΘ α
c⌠tΘ.
Enfin, le concept initial, le titre du disque et la
chanson ôLa Ballade De Baby Face Nelsonö rendent un
hommage appuyΘ et Θvident au Gainsbourg mΘchant et
grandiose de Melody Nelson. CÆest dÆailleurs,
paradoxalement, le point faible du disque. Texte
corrosif et provoc juste ce quÆil faut, chanson α
plusieurs voix et interprΘtΘe par divers
personnages, rythmiques mid tempo salace. LÆhommage
est malheureusement, trop fiΦrement assumΘ pour
Ωtre dΘfinitivement crΘdible, en tout cas de la
part dÆun groupe au tel passΘ.
Nonobstant, Baby Face Nelson Was A French Cowboy
est composΘ dÆun nombre suffisant de (trΦs) bonnes
chansons pour nous faire oublier un tout petit peu
ce gros bΘmol. Certains titres sont mΩme
impeccables une fois dΘnuΘs de tout folklore. CÆest
quand la fine Θquipe se dΘbarrasse de tics trop
clinquants que leur folk devient limpide. ôLeather
Bootsö, ôSecond Skinö, ôChangesö ou ôPukeö, pour ne
citer que ceux-lα, sont autant de brul⌠ts que lÆon
croirait directement importΘs de lα-bas. A se
demander si les quatre salopards nÆont pas avalΘ
leur green card, bien dΘcidΘs α immerger corps et
Γme leur background musical europΘen (qui ferait
saliver nÆimporte quel groupe postpubΦre) dans ce
folk pourtant si estampillΘ made in USA.
Sous un costume un peu trop kitsch se cache
finalement un trΦs bon disque de folk-rock
contemporain et bigarrΘ, fait par des garτons qui
maεtrisent parfaitement le langage et tous les
codes du genre, nÆhΘsitant pas α lui injecter
quelques doses de musiques qui ont ensanglantΘ il y
a peu le Vieux Continent. Mais attention toutefois
α ne pas sÆembringuer dans un style trop connotΘ.
La grande force du Mustango (1996, co∩ncidence ?)
de Murat - dans lequel on entend α peu prΦs la mΩme
musique mais avec les membres de Calexico cette
fois - tient aussi au fait quÆil sÆagit dÆun
one-shot. Mais on sait Pellegrini et ses potes bien
trop malins pour se contenter dÆun remake, mΩme
rΘussi comme Baby Face Nelson Was A French Cowboy.