Artist.......: Arlt
Album........: La Langue
Label........: Almost Musique
Genre........: Chanson
Catnr........: ALMST03
source.......: CDDA
rip.date.....: Mar-12-2011
str.date.....: 000-00-0000
quality......: VBR/44,1Hz/Joint-Stereo
Url..........: www.myspace.com/arltmusic
track title time
01. La Rouille 03:37
02. AprΦs quoi nous avons ri 02:49
03. La Honte 03:40
04. ChΓteau d'eau 03:05
05. Les Dents 02:38
06. Une joie 02:40
07. Revoir la mer 03:06
08. De haut en bas 02:37
09. Je voudrais Ωtre mariΘe 04:41
10. Lettre morte 04:09
11. Que se passe-t-il ? 05:08
Runtime 38:10 min
Size 45,6 MB
Release Notes:
Arlt - comme un raclement de gorge ou un dΘfi α la
prononciation - est un duo parisien composΘ
d'Elo∩se Decazes et Sing Sing (dΘjα auteur en 2007
d'un EP solo remarquΘ, "Ton pire cheval"), couple α
la scΦne comme α la ville. "La Langue" est leur
premier album, enregistrΘ par Mocke du groupe
Holden qui y joue aussi de la guitare en
arriΦre-plan avec sa finesse habituelle. Autant
prΘvenir tout de suite le lecteur et auditeur
potentiel : la musique de Arlt ne ressemble guΦre α
l'ordinaire de la chanson franτaise - bonne ou
mauvaise. Tout au plus peut-on rattacher le duo α
une veine poΘtique (mais sans prΘciositΘ ou
hermΘtisme) plut⌠t minoritaire au pays de BΘnabar,
dans laquelle s'illustrΦrent LΘo FerrΘ, Bashung,
Murat ou Noir DΘsir dans leurs bons jours, et que
perpΘtuent aujourd'hui des artistes comme Bertrand
Belin, Bastien Lallemant ou JP Nataf - pas de quoi
faire une scΦne, plut⌠t une nΘbuleuse amicale qui a
ses habitudes α La Java, aux Trois Baudets ou au
festival Le Festin dans l'Yonne.
La langue est bien la grande affaire de "La Langue"
: concis, coupants et Θnigmatiques comme des
ha∩kus, les textes, Θcrits pour la plupart par Sing
Sing, prΘfΦrent la puissance Θvocatoire α la
littΘralitΘ, le flottement du sens au message
assΘnΘ. Dans ces histoires de "je", de "tu" et de
"nous", on pΩche quelques perles ("Partout tous les
oiseaux sont tombΘs au sol, d'un coup d'un seul" ;
"Apportez vos dents, nous en ferons bien quelque
chose", "Je n'en ai pas l'air mais je jure que je
hurle"), rendues plus baroques encore par les
ruptures mΘlodiques qui les traversent et par
l'alliance de deux voix a priori antinomiques. A la
traditionnelle alternance couplet-refrain, Arlt
prΘfΦre des constructions libres o∙ la rΘpΘtition
des phrases leur confΦre un caractΦre obsessionnel
; principe poussΘ dans ses derniers retranchements
sur "Revoir la mer", o∙ plus de la moitiΘ de la
chanson consiste en un "Son corps contre mon corps,
c'Θtait comme revoir la mer" psalmodiΘ ad lib par
Elo∩se.
A cette Θpure lexicale rΘpond le dΘpouillement
instrumental (deux guitares, un peu de batterie,
une prise de son sans effets), qui jette un pont
entre un Velvet Underground folk (rΘminiscences
dans le riff de "AprΦs quoi nous avons ri") et les
formes les plus anciennes de la chanson d'ici. La
moitiΘ fΘminine du duo a d'ailleurs enregistrΘ avec
le guitariste improvisateur Eric Chenaux des
interprΘtations troublantes d'airs mΘdiΘvaux, et
reprend ici le traditionnel "Je voudrais Ωtre
mariΘe", en faisant justement oublier son aspect
patrimonial. Tout l'album est α l'image de ce
morceau : rarement une musique aussi sΦche et
austΦre au premier abord ne nous aura paru aussi
vibrante, incarnΘe, br√lante. Car aprΦs tout, comme
le chante Elo∩se, "Que vaut la vie sans
incandescence ?"